La saison dernière, je t’abandonnais sur un énorme cliffhanger. Je me faisais recruter par un groupe de crypto qui me promettait monts et merveilles. Fortune et gloire. Au-delà de la lune. Direction Mars. Aujourd’hui, c’est le chaotique retour sur terre, avec la suite et fin de cette aventure.
Crypto bro
Si tu as raté l’article final de la dernière saison, je t’invite à le lire, car tu es entrain de lire sa suite directe.
Quand j’ai posté ce fameux article, j’ai immédiatement reçu une quantité phénoménale de merde dans la face. J’ai jamais eu autant de visites sur le blog. J’ai jamais été autant insulté.
C’était vivifiant.
Rarement j’avais reçu autant d’énergie depuis la section commentaires.
Mais alors pourquoi cette avalanche de matière fécale ? Le problème était simple : je parlais d’argent. Je parlais d’argent dans le contexte d’un monde rempli d’arnaques et de dangers en tout genre.
Un monde où il n’est pas conseillé de s’aventurer tout seul.
Je n’avais pas suivi ce conseil-là.
J’avais fait un saut de l’ange en solo. Les yeux fermés, la tête la première. En immersion totale chez les dégénérés.
J’avais suivi le lapin blanc tout au fond du terrier.

Avant de continuer, voici une importante précision.
Je t’invite à ne PAS investir dans ce monde. Pas un seul sou. Même pas pour essayer. C’est dangereux. Tu vas te faire arnaquer. Tu vas perdre tout ton argent. Les gens vont te cracher dessus. Tu vas tomber en dépression. Perdre ton travail. Ta famille va t’abandonner. Tu vas te retrouver à la rue. Et seul, au fin fond d’une rue sale, tu vas mourir de froid.
Mais pourquoi je fais cet article si je ne suis pas un méchant monsieur qui veut te faire acheter de la crypto ?
Deux raisons.
- Je veux finir mon histoire commencée dans l’article précédent. Ce blog c’est surtout moi qui te raconte ce qui m’est arrivé sans filtre.
- Le Web3 c’est aussi et surtout un paquet de technologies qui s’entrechoquent. Un sujet technique qu’il est important de comprendre et d’aborder, même si on ne veut pas y participer. C’est toujours intéressant de savoir comment ça marche et quelles sont nos options professionnelles autour.
La section pour calmer les rageux sur Twitter étant terminé, on peut enfin commencer !
Sommet des attentes surdimensionnées
Où j’en étais dans mon histoire ?
Ha oui !
Nous sommes le 22 octobre 2021. Quelques jours après la fin de mon dernier article. On me promet toujours 500 000 euros en Ethereum.
500K putain de bordel de merde.
Je travaille d’arrache-pied, jour et nuit, pour livrer un jeu en ThreeJS. Je m’amuse avec du ThreeJS et ça pourrait me rendre riche. Le rêve est intact à ce moment-la..
Je suis euphorique !
Évidemment, j’en parle autour de moi.
Immédiatement, un ami me propose de faire la rencontre d’une de ses connaissances. Une personne qui est dans le Web3 depuis 2013. Quelqu’un qui va pouvoir me dire si ce scénario fou est vraiment possible.
Il est OK pour boire un verre dès ce soir.
Un certain Cyprien.

Cyprien est un dégénéré.
Cyprien est tellement profond dans ce monde qu’il garde un NFT de crapaud à 40K euros. Juste parce qu’il l’aime bien. Il est assis sur 39000 euros de bénéfices avec ce crapaud. Mais il ne le vendra pas.
Il l’aime son image de crapaud.
Cyprien s’autoproclame « crypto degen ».
Dans ce monde, c’est tout sauf une insulte.
C’est un dégénéré et c’est également une mine d’information sans fin. Sa vision du futur idéaliste va être mon point d’entrée. Mon premier contact avec le Web3.
Cyprien est un vrai orateur.
On est trois dans un bar bondé quelque part sur l’île de Montréal. Il y a une effervescence particulière dans l’air. Les gens sont heureux de ne plus être confinés. Il y a énormément de bruit car l’alcool coule à flot.
Mais mon ami et moi, on n’entend que Cyprien.
Il fait 90% de la discussion. On veut tout savoir.
Il nous parle de son histoire avec ce monde. Les boîtes qu’il a montées en France et au Mexique. Son grand projet du moment. Ces investissements en Crypto, NFT, DEFI, DAO et plein d’autres termes venus d’un autre monde.
On enchaîne les pintes de bière.
Son histoire est passionnante !
On finit la 3e pinte quand il aborde le cœur de son envoûtant discours.

L’idée qu’il va alors aborder va devenir centrale pour tout le reste.
C’est cette idée qui est d’abord défendue par toutes les personnes impliquées dans le Web3. Cette idée qui change tout. Cette idée qui fait que les gens ne parlent pas d’évolution, mais carrément de révolution.
Un rêve magnifique.
Un rêve fédérateur.
Le rêve décentralisation
À partir de ce moment-là, il ne va parler que de décentralisation.
Pendant plusieurs heures.
Pour comprendre de quoi il parle, revenons un peu en arrière.
Nous sommes le 6 août 1991. Tim Berners-Lee rend le projet World Wide Web public. Un projet qui va permettre une vraie autoroute de l’information pour ses utilisateurs.
Internet est officiellement né.
Ce qui aujourd’hui est appelé le Web1 était utilisé en mode lecture seul. De façon centralisée. Les sites Web étaient informatifs et ne contenaient que du contenu statique. À l’ère du Web 1.0, tous les utilisateurs étaient des consommateurs de contenus créés par une poignée d’individus.

Et puis, un grand changement s’opéra au fil des années.
Beaucoup disent que 2004 est vraiment l’année où tout a basculé.
Basculé dans l’internet qu’on connait aujourd’hui.
Le Web2 est utilisé en mode lecture et écriture. De façon centralisée. Pour la première fois, en plus de consulter du contenu, n’importe qui peut en publier. Internet devient un porte-voix pour le contenu de chacun.
Du contenu qui est possible via les géants du cloud et les réseaux sociaux.

YouTube, Facebook, Amazon, Google, Microsoft, Twitter et bien d’autres.
Tous ces géants. Tous ces clouds. Tous ces réseaux sociaux.
Ils hostent le contenu de tout le monde. Ils sont le web d’aujourd’hui. 99% du contenu créé par l’humanité sur internet est permis par ces entreprises.
« La vérité c’est qu’absolument tout leur appartient. »
Quand il a dit cette phrase, j’ai remarqué que le visage de Cyprien s’était fermé comme une porte de prison.
Il était premier degré énervé. J’ai bloqué un peu à ce moment-là. Une question m’est venue à l’esprit.
- Moi : « Et alors ? Où est le problème avec ce système où tout passe par les géants du web ? »
C’était la question que Cyprien attendait.

Il m’a répondu en développant deux points.
- Rien ne nous appartient.
Quand le produit que tu utilises est gratuit, c’est toi le produit. Nos données, nos informations, c’est ça le centre de nos vies en ligne aujourd’hui. Et ces grosses boîtes ont le contrôle total sur nos données.
Prenons le blog que tu es entrain de lire en ce moment.
Tu lis un article qui est hosté sur un EC2 d’Amazon dans un data center Parisien. Je paye et administre l’EC2. Mais ce blog ne m’appartient pas. À part les idées, rien ne m’appartient ici.
Si Amazon décide que ces idées partagées ne lui conviennent plus, tout disparaîtra sans que j’aie mon mot à dire. Des années de partage. Mon travail, mes passions. Énormément de moi, personnellement.
Tout ça pourrait dégager en un rm -Rf sans me consulter.
Le Web3 résout ce problème.
- Un système sans confiance.
Imaginons qu’on se rencontre tous les deux. Et que je te trouve vraiment sympathique. Mais vraiment, je t’aime bien. Je te trouve tellement sympathique que je veux t’envoyer un million d’euros.
Je suis Montréal et toi à Paris. J’aimerais que ça se fasse en quelques minutes, voir moins. Je veux des frais proches de zéro. Je veux un système sûr et robuste.
Comment on fait ?
Aujourd’hui, à part via la crypto, on fait pas.
On fait pas car tout -absolument tout- passe par une tierce personne qui prend du temps, beaucoup d’argent en frais et qui pose énormément de questions. Pourquoi ? Car le Web2 est un système sans confiance.
C’est la même chose pour n’importe quel type d’échange ou interaction. Tout passe par une tierce personne. Certains parlerons de sécurité, d’autres parlerons de manque de liberté.
C’est ce point en particulier que l’écosystème Web3 veut changer mondialement.

On arrive au coeur du message de Cyprien.
Ce que tous les acteurs du Web3 croient dur comme fer.
Une inébranlable croyance que Cyprien m’a résumée en une seule phrase.
« Un YouTube sans Google est possible. »
Un monde où les créateurs de contenus peuvent publier leur travail sans crainte de censure. Ils recevraient une part plus importante des revenus générés, car Google ne prendrait plus sa part. Un système plus juste et plus transparent pour les créateurs, comme les utilisateurs. Et sans aucune concession de performance, de scaling ou de sécurité.
Pareil pour tout ce que tu utilises. De Twitch à Instagram en passant par LinkedIn et les sites d’infos. « Tout sera décentralisé dans le futur ». Le pouvoir, la liberté et l’argent rendu aux gens.
Malgré mon taux d’alcoolémie et l’éloquence de Cyprien, cette croyance provoquait en moi plus de questions techniques que de fascination.
En quête de vérité
Il se fait tard. Tout le monde a beaucoup bu. Ça se voit, car la discussion commence à partir dans tous les sens.
Je finis par poser ma fameuse question à Cyprien.
- Moi : « Tu penses que c’est possible que je finisse avec ces 150 ETH ? »
- Cyprien : « La somme qu’on te propose est plutôt cheap. À part si tu fais de la merde ou si le projet ne se fait pas du tout, il n’y a aucune raison que tu ne récupères pas les 150 ETH. »

J’arrive chez moi très tard.
Complètement assommé par l’alcool.
Durant ce moment de lucidité, je me promets que je vais aller au bout de toute cette histoire.
Mais avant ça, je veux mieux comprendre ce monde.
C’est à ce moment précis que je décide de faire mes propres recherches. Je passe des heures, des soirées, parfois des jours entiers à gratter la technique via des articles et des vidéos. Je veux me faire mon propre avis et je commence par me poser de grandes questions qui sont pour moi centrales.
- C’est réel cette décentralisation ?
Est-ce que tu as déjà entendu parler du problème des généraux byzantins ?
C’est un problème en informatique qui peut se résumer en une question.
Comment on fait pour être d’accord sur une information dans un groupe alors que personne ne peut se faire confiance ?
Bitcoin résoud ce problème.
En utilisant plusieurs choses de façon indissociable.
La technologie de la blockchain, la validation par preuve de travail et un algorithme plus large, propre à Bitcoin. Ce tout -ensemble- forme ce qu’on appelle le consensus Nakamoto.
En dehors de ce consensus, il n’y a aucune vrai décentralisation.
Aucune décentralisation résiliente et de confiance qui a fait ses preuves. Le reste de l’écosystème est un semblant de décentralisation. Une illusion. Un mensonge qu’on vend partout, mais qui est factuellement faux.
Certaines blockchains très connues ont une partie -voir une majorité- de leurs validateurs hostés sur Amazon ou GCP.
C’est à mourir de rire.
Et c’est tout sauf discret.

Bon après, ça n’empêche pas que certains projets Web3 soient intéressants sans une forte décentralisation. On n’a pas toujours besoin d’une forte décentralisation.
Mais dans les faits, rien n’est vraiment décentralisé, sauf Bitcoin.
Tout dans le Web3 est basé sur cette fameuse promesse. En prenant le temps de vraiment comprendre comment ça marche, je me rends compte rapidement que la promesse n’est pas tenue.
Ça commence mal.
- C’est si polluant que ça ?
Oui.
Heuuu…
Oui et non ?
En fait, cette question est plus compliquée qu’elle n’y paraît.
Dans un contexte d’urgence absolue face à un cataclysme climatique imminent, c’est oui.
Mais faisons semblant que ce contexte n’existe pas. Comme on le fait tous les jours en bouffant du boeuf pendant qu’on prépare nos vacances à l’autre du monde tous les ans. Si on fait semblant comme tous les jours, alors on peut discuter.
Déjà, ça dépend de la blockchain.
Certaines blockchains font des transactions qui sont moins polluantes que d’envoyer un mail ou de faire des recherches Google. Je ne donne pas les noms, car on va m’accuser d’en faire la pub, mais une simple recherche et vous trouverez.
Donc sachez que les gens qui proclament que tout est polluant dans ce monde n’ont même pas fait cette recherche avant.

À l’autre bout du spectre, on trouve Bitcoin.
Il consomme autant d’énergie que l’Argentine sur une année. J’utilise pas cet exemple de l’Argentine par hasard. Il est utilisé sans relâche par tous les détracteurs du Bitcoin.
L’ironie du sort veut que les Argentins eux, accablés par une inflation monétaire à 90%, se réfugient massivement dans le Bitcoin pour survivre.
Et là, je pourrais vous sortir tous les arguments des maximalistes Bitcoin sur le sujet.
Par exemple que la majeure partie de l’énergie utilisée est dite verte. Que le système financier traditionnel consomme bien plus pour un système moins juste. Et bien d’autres raisons, en vérité il y en a un paquet quand on creuse.
Mais j’ai la flemme et de toute façon factuellement oui ça consomme un truc de fou.
- C’est utilisable aujourd’hui ?
Certaines choses comme la finance décentralisée (DEFI) sont non seulement utilisables, mais surtout extrêmement utilisées. Un exemple de zinzin c’est AAVE. 7 milliards de dollars USD entièrement gérés par du code.
Aucune banque !
Hormis ce genre d’exemple, le reste de l’écosystème est à l’état de startup. Beaucoup de promesses, beaucoup de levées de fond, beaucoup de rêves. Mais malheureusement peu de concret.
Rien qui pourrait remplacer les solutions Web2 pour le moment.

Pour une raison simple.
Ça scale pas.
Pourquoi ça scale pas ? Il faut qu’on parle d’un concept technique central du Web3 : le trilemme de la blockchain.
Concrètement ça veut dire choisir entre sécurité, décentralisation et scalabilité. Vous pouvez en avoir deux. Pas les trois.
Le fonctionnement de base de toute blockchain impose cette horreur.

Comment tu fais pour concurrencer des solutions Web2, qui n’ont pas à gérer la décentralisation, avec cette horreur ?
Bah, tu fais pas. Tu peux pas. Ou alors tu fais mal. Et personne n’utilise ton truc.
C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui.
J’entends tous les deux jours que quelqu’un l’a fait. On me parle de sharding, on me parle de Layer2 et de plein d’autres affaires. Mais dans les faits c’est faux. C’est faux, car le problème est trop complexe à résoudre.
Impossible à résoudre ?
Il y a un problème technique, systémique, majeur et peut-être insurmontable pour cette fable qui dit que le Web3 remplacera le Web2.
Il faut donc arrêter avec cette fable.
Je pense que ça n’arrivera jamais.
Même si j’espère que l’avenir me donnera tort.
Ça ne veut pas dire qu’il faut tout jeter. Le Web3 c’est une suite d’outil pour des problèmes bien spécifiques. Quand on le voit comme ça, c’est tout de suite plus intéressant.
On va y revenir plus tard.
Avant ça, il faut qu’on discute de pourquoi mon discord clignote.
La reine de coeur
Entre mes longues sessions de dev pour créer le fameux in-browser FPS et mes recherches pour tout savoir sur le Web3, j’en oubliais presque pour qui je faisais tout ça.
Le crypto lord qui m’avait contacté et promis de l’argent en masse.
Il m’envoie plusieurs messages Discord par jour. Je suis fréquemment éberlué par ces demandes incongrues. Il me demande fréquemment si j’ai telle compétence/capacité pour le jeu.
C’est un feature creep qui pense que je peux absolument tout faire.
C’est pas un dev qu’il lui faut, c’est un studio de jeu entier.

Dans le vrai monde de la réalité véritable, ça aurait fait longtemps que je lui aurais dit d’aller se faire foutre. Mais comme on est dans un contexte de dégénérés et qu’il me promet 500K pour faire du ThreeJS, je suis patient.
Parlons deux secondes de ce gars.
Je ne sais pas grand-chose sur lui. Je sais qu’il est turc. Il me l’a dit, car son Anglais écrit c’est des hiéroglyphes. Il a au moins la trentaine et plusieurs enfants.
D’ailleurs, c’est pour ces enfants qu’il est passé full crypto. La crypto a fait de lui un homme riche récemment. Il ne « reviendra jamais dans le système financier traditionnel » d’après lui.
Je ne comprenais pas trop ce discours que je jugeais extrême sur le moment.
J’ai compris en allant voir la courbe d’inflation monétaire en Turquie.

Ce jour-là, il ne m’écrivait pas pour une énième feature. Cette fois, c’était une invitation pour une sorte de meeting. Ma première rencontre avec les membres du groupe de crypto.
Ça sera le premier et le dernier meeting que j’aurai avec ce groupe.
Creux des désillusions
Le lendemain.
8h, heure de Montréal.
Je réponds à un appel Discord qui va tout changer.
Il y a 5 participants.
- Une artiste 2D qui s’occupe des visuels
- Un dev blockain qui fait les smarts contracts
- Un community manager pour créer de la hype sur les réseaux
- Je suis censé être le game dev du projet
- Et notre ami Turc qui chapeaute le tout
Pas plus d’infos, pas de nom, pas de visage, pas de fuseau horaire et de l’anglais approximatif avec des accents des quatre coins du monde.
On n’a pas besoin de se connaître.
On n’a même pas besoin de se faire confiance. Nos wallets sont tous inscrits dans le smart contract. L’argent sera automatiquement distribué sur nos wallets si la collection se vend.
Le code est la loi et la blockchain ne ment pas.
Et n’empêche que la collection ne se vendra pas sans notre chef Turc. Donc tout le monde l’écoute avec attention. Moi y compris.

Sa première phrase va me mettre une claque de bûcheron dans la bouche.
- Crypto Lord : « Le projet ******* ne se fera pas finalement. Nos deux gros influenceurs YouTube ne veulent plus travailler avec nous. On ne peut pas tout vendre sans eux donc on va faire autre chose. »
Il vient de balayer mes 500 000 euros d’un revers de main comme une crotte de nez qu’il aurait sorti de son pif. J’étais sous le choc. Ce qui me choquait le plus c’est que personne ne l’était. Ils continuaient tous la conversation comme si c’était banal.
J’ai la tête qui va exploser.
- Moi : « Qu’est-ce qui se passe avec mon jeu ? Il est presque prêt là, il manque que l’intégration blockchain. »
- Crypto Lord : « On le garde ! On va l’utiliser sur d’autres collections plus petites pour pumper le floor price. Fais en sorte qu’il soit visuellement modifiable à volonté, on va beaucoup l’utiliser. »
Ça sera le dernier échange qu’on aura tous les deux.
Jusqu’ici, je me cachais derrière le fait que je faisais juste du ThreeJS moi. Je ne fais rien de mal ! C’est juste qu’on me paye excessivement cher pour le faire ici.
Mais là, devant l’immonde vérité crue. Sans filtre. Face à cette création d’usine de pump-and-dump dont j’était sur le point de devenir un membre fondateur. Je devais finalement me rendre à l’évidence.
J’étais assis au milieu d’escrocs.

J’avais un choix à faire.
- Faire et refaire le même jeu, changer les visuels et prendre mon chèque fréquemment sans que personne ne le sache.
- Tout arrêter.
Sincèrement, ça sort pas d’ici, tu aurais fait quoi à ma place ?
De mon côté, je n’ai pas vraiment fait de choix. J’ai arreté de participer et de répondre aux communications. Petit à petit, je recevais moins de communication. Et puis c’était la période où j’étais devenu Papa et à ce moment-là mes priorités changeaient.
J’ai arrêté toute communication surtout parce que je n’avais plus le temps.
Ils m’ont rapidement supprimer et ban de partout.
Ça se finissait comme ça avait commencé.
Brutalement.
Pente de consolidation
Je viens de relire mon article précédent sur le sujet.
À froid, je vois bien que je suis complètement possédé. Euphorique. Tout sauf objectif. C’est ce que fait ce monde à beaucoup de gens.
Je ne déroge pas à la règle.
Ceci dit, malgré cette expérience, c’est impossible pour moi de cracher sur le Web3.
Le Web3 n’est pas une révolution. Ce n’est même pas une évolution. Ça a été overhypé pour rien du tout.
Mais la technologie et certains de ses usages sont intéressants. C’est une suite d’outils qui permet, ou qui essaye pour le moment, de régler certains problèmes bien spécifiques. Avec un niveau plus ou moins grand de décentralisation
Un outil qui vit et vivra en tandem avec le Web2.
Quand on consulte un site comme web3 is going just great, cet écosystème est indéfendable. Quand on voit ce qui s’est passé avec Wonderland, c’est indéfendable. Quand on voit ce qui s’est passé avec FTX, c’est indéfendable.
Maintenant qu’on est d’accord là-dessus, je pense qu’il faut dissocier la technologie de son utilisation.
Prenons un exemple simple.
Une récente estimation dit que 85% des emails sont des spams. Des virus, des arnaques et du porno envoyés en masse dans le monde entier. Faisant des emails l’un des plus gros vecteurs d’attaques au monde.
Est-ce que ça fait des emails une mauvaise technologie ?
Je pense que c’est la même chose avec les NFTs.
Les NFTs, rendus possibles par la blockchain, c’est une technologie intéressante pour résoudre le problème de propriété digitale. Mais elle est utilisée en masse pour vendre des JPEG sans valeur à des montants ridicules.
Ceux qui les vendent, comme ceux qui les achètent, sont des dégénérés dans un monde bien trop jeune et bien trop dangereux pour être massivement utilisé aujourd’hui.
Beaucoup disent que le Web3 est actuellement dans le creux des désillusions du cycle de la hype.

Beaucoup disent aussi que le cycle de la hype, c’est complètement bidon.
En tous cas, qu’on le veuille ou non, le Web3 continuera à se développer. Le Web3 ne s’arrête pas quand le prix du Bitcoin descend. C’est même là qu’il devient plus sérieux, loin de l’euphorie et de la hype.
La seule chose qui me plaît vraiment dans ce monde c’est le concept de smart contract. Le fait que le code, c’est la loi. On donne sa confiance à l’algorithme et pas à l’humain.
Car le code ne ment pas.
C’est là où réside tout l’avenir du Web3 s’il arrive à régler ses problèmes techniques et ses démons.
Les gens qui présentent le Web3 comme le seul inexorable futur ne voient pas plus loin que leurs wallet. Les gens qui présentent le Web3 comme seulement une géante arnaque n’ont pas vraiment cherché à comprendre. Comme toujours, la vérité se trouve dans les nuances.
Il y a des arnaques, l’expérience utilisateur est mauvaise, mais le principe de la technologie est très intéressant.
Bien courageux celui qui fera un quelconque pronostic sur l’avenir du Web3 dans les 10/20 ans à venir.
Je vais bien m’abstenir d’en faire un aujourd’hui.
Épilogue
Le Web3 est une promesse que le monde est trop avide pour tenir. L’idéalisme des uns confronté à la cupidité des autres. Presque personne n’est là pour une révolution. Même si le discours de façade dit le contraire. Et tant que ça sera le cas, le Web3 échouera.
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